La poésie est un fleuve ; de nombreuses voix y naviguent ; poème après poème, elle se déplace au gré des crêtes et des chutes exaltantes des vagues. Aucun n'est intemporel ; chacun arrive dans un contexte historique ; presque tout, en fin de compte, passe. Mais le désir de former un poème, et la volonté du monde - et même, le besoin du monde -de le recevoir, ne passent jamais.
Si c'est toute la poésie, et pas seulement notre propre accomplissement, qui nous transporte hors de ce monde vert et mortel - qui soulève le loquet et donne un aperçu d'un paradis plus grand - alors peut-être que l'on a la sensibilité : une gratitude en dehors de la paternité de l'oeuvre, une ferveur et un désir au-delà des marges du moi.