au brouillard inculte
je n'ai plus vécu depuis — quand?
cela la fait si longtemps
que l'oubli s'est replié
en lui-même
enroulé par-delà le regard
plus loin encore que les horizons intimes.
il me faut une poésie-marteau
pour briser la sangle du mutisme
pour entr-ouvrir
les amnésies
le ciel
— esquif derivant du regard
les etoiles
leurs vocalises
faire de cette poésie
un organe du corps :
écheveaux de fibres tressées
dans le tissus epais des mots
qui embrasse et serre
réconfortant
fortifiant
afin qu'en moi la glaise timide
jamais ne sèche ni ne durcisse
en calcifiant le cœur.
