I.
J'appartiens aux racines des fleurs
et aux insectes laboureurs
qui compostent mon nom.
J'appartiens à ce qui s'élèvera
et aux insectes laboureurs
qui compostent mon nom.
J'appartiens à ce qui s'élèvera
où tombent mes parcelles de corps,
ainsi qu'a tout ce qui advint
avant ma première malchance.
L'entre-deux est
un rêve fébrile
dont le sens m'échappe.
II.
Une insistante angoisse
m'inflige les sueurs
invocatrices
du souvenir trouble
de ma presque-mort
la gorge se resserrant,
je trace d'une main vacillante
les contours
d'un poumon de papier
que la pluie s'empresse
de dissoudre.
III.
J'irais m'allonger doucement sur les feuilles et les lichens et les mousses qui peuplent la forêt.
J'écouterais un moment le bruissement des êtres qui m'accueillent avec prudence au seuil de leurs foyers.
Quand le froid aura finalement engourdi les chairs, j'étancherais ma soif au goulot d'une bouteille de poison, puis j'écouterais l'extinction du souffle fredonner ses offrandes
aux étoiles que le silence éloigne avec une cruelle diligence : la plus dévouée des contemplation
aux vivants : une larme de compassion et une caresse de réconfort
et au nouveaux camarades : ce corps consommable.