J'ai copié un poème de Charles Simic pour la bouquiniste et lui ai donné. Un poème plutôt drôle qui parle de bouquinistes.
Au retour, une inconnue de la ligne D :
Fort jolie et
Parfaitement apprêtée.
La peau légèrement mate.
Laines noires, manteau crème
Bijoux aux délicates dorures
Et de larges lunettes
Subtilement assorties
Une écharpe bien rangée.
Une chevelure parallèle.
Maquillage :
Impeccablement dosé.
Mais
Du bout des ongles...
Un verni verdâtre
Tout abîmé
Et mal achalandé
Qui s'étale en écailles
Et trouées désordonnées,
Comme une vieille peinture
Abandonnée
- un instant -
( ai-je entrevu là
Quelque sorte de secret? )