Ici, dans ma tête, le langage
continue à faire de petits bruits.
Comment puis-je espérer être ami
avec les dures étoiles blanches
dont l’éclat et les sifflements ne sont pas des paroles
mais une pure radiance ?
Comment puis-je espérer être ami
avec les espaces béants qui les séparent
où rien, jamais, n'est dit ?
Ce soir, à la lisière du champ,
je me suis tenue figée, et levant les yeux,
et j'ai essayé d'être vide de mots.
Quelle joie était-ce, qui m'a presque trouvée ?
Quelle aimable paix ?
Puis c'était terminé, le vent
s'est levé entre les chênes derrière moi
et je suis retombé, aisément.
La Terre a cent-mille purs contraltos-
même l'oiseau de nuit lointain
quand il parle de menace, quand il parle d'amour
dans les champs noirs et froids.
Une fois, au fond des bois,
j'ai trouvé le crâne blanc d'un ours
et il était parfaitement silencieux-
et une fois une loutre de rivière, dans un piège en acier,
et elle aussi était parfaitement silencieuse.
Que pouvons-nous faire
sinon continuer à inspirer et expirer,
modestes et volontaires, et à notre propre place ?
Écoutez, écoutez, je le répète sans cesse.
Écoutez la rivière, le faucon, le sabot,
l'oiseau moqueur, l’arisème-petit-prêcheur-
puis j'arrive avec quelques mots, comme un cadeau.
Même maintenant
Alors que l'obscurité est restée profonde, pure obscurité.
Alors que les étoiles ont virevolté un peu, tandis que je me tenais là,
à regarder en l'air,
une phrase chaude après l'autre