Mon regard ternit les visages
Que m'apportent les ondes,
Et le béton de leurs rêves brûle
Comme du sel de nitrite sur des plaies -
Ils étouffent l'organisme
Empoisonnent les pensées
Et par la peur et la tristesse, ils creusent
Un paysage intérieur d'industries
Comme des tresses d'acier
Qui ceinturent la ville
Et encombrent le ciel
De leurs fumées anthracites
Dégluties par leurs bouches pointées
Comme autant de doigts tendus
Badigeonnant le ciel
Pour estomper les étoiles ;
Avec leur teinture de charbon
Elles embrasent les poumons
Comme de vieux soufflets
Entretenus à la graisse mécanique
Qui font vibrer les voix terribles
Pour chanter la folie,
Pauvres cordes rouillées! Vibrantes
Comme une collection d'aveux
À la tessiture d'oxyde de cuivre,
Elles délavent les tympans,
Les savonnent à la solitude
Pour y éteindre les consolations
C'est ainsi que le chantier de mon visage
Emporté par ces ondes lointaines
Affleure entre les sanglots de la suie
