5.27.2008

Un jour comme les autres

La lumière filtrait à travers les rideaux entrouverts et embrasait la chambre dans une lueur grisâtre, avec à peine une tache rouge, le reflet clignotant du réveil. Je refaisais en esprit le chemin qui allait inexorablement me mener au travail : me levant avec une coiffure impossible et la tête lourde - d’enterrement - direction la cuisine, puis l’eau à chauffer et direct sous la douche avant de préparer un mélange d’eau bouillante et café lyophilisé, et d’encore un peu d’eau froide par dessus pour me l’enfiler d’un trait et regagner le temps perdu à traîner sous la douche, à faire durer le moment de calme, comme si la journée à venir pouvait filer vers les égout dans son lit de crasse de sueur et de savon. Parti, juste parti. Mais non. Et c’est de trouver des fringues qui sente pas trop la veille – tant pis pour les chaussettes, pas le temps, personne verra – et de s’engouffrer dans l’escalier, l’ascenseur, la rue. Le bus les voitures les gens le bruit la route, et d’autres gens à chaque arrêt, qui viennent ou s’en vont. Et des jolies filles parfois, pour rêvasser qu’on est resté au lit pour faire l‘amour toute la matinée. Puis la route encore : avant, après, pendant. La route, le boulot, et des gens, encore et encore des gens. Vous avez le dernier Olivier Adam ? Oui madame non madame j’vais voir sur l’ordinateur, vous voulez le commander ? Ca fera 15euros. Et puis ça c’est 7.65. Et ça ?.. Et ça… Travailler, manger (enfin seul), travailler, et re pour le bus, serré les uns contre les autre, la route, les jolies fille dont on aurait bien décroché un sourire qui sert à rien qu’à espérer plus, ce qu’on aura pas de toute façon. Alors c’est rue-ascenseur-couloir-porte-clé. Fermer la porte. La fermer à la gueule de cette journée.
Manger. Peut être.
Ou plus tard.
Avant ça, une pause, juste une pause…
Une main plonge vers la bibliothèque, caresse le dos des livres, les traverse comme elle jouerait sur un piano l’air par lequel les notes se suivent en tons et demi-tons comme si la nature les avaient faites ainsi. Sauf que là se sont les yeux, les palettes des collections, les tires, les noms. Et la main reviens, cherche, goûte de la pulpe d’un doigt. Mais le livre n’attend pas longtemps avant que la main vienne l’agiter, l’amener vers mon nez : odeur de vieux papier, de nombreuses lectures et d’autres gens. Et à l’oreille, le bruit des pages doux comme un jaune d’œuf glissant entre les doigts. Une dernière fois un doigt – le pouce – caresse la tranche. Il remonte jusqu’à son milieu, qui se fend par la longueur et s’ouvre sur la bouche béante de l’entre deux pages. Là, la lumière s’amenuise, s’éteint jusqu'à ne laisser q’un gouffre. Un abîme. Et au fond : comme un vent frais, comme un fond de ravin, encaissé dans un désert de pierre rouge de nuit et d’étoiles. Au fond, comme le début d’une histoire.

5.19.2008

Hole

Tout recouvert, étouffé dans un désert de cendre : angoisse, joie, chagrin, dans la mort pareils à des fossiles. L'avenir est un souci de vivants, un avatar de la foi. La mort, elle, est intestat. Une fois infiltrée dans l'interstice des mot, l'esprit est à sa manière gagnée par le calme. Le grouillement ne cache plus la vacuité, et c'est le silence qui perce au delà du roulement de la pluie, le silence des choses blotties dans quelque coin sombre et douillet.
A l'abri.
Endormies.
Au commencement le verbe. Un fois éteint, ce qui reste... Dernière étape de ce qui n'est déjà plus déliquescence, mai trace, appel d'un Dieu de néant.

5.12.2008

Bartleby et compagnie

(E. Vila-Matas)

"Je n’ai jamais eu de chance avec les femmes, je suis bossu et me résigne péniblement à cette souffrance, mes plus proches parents sont morts, je suis un pauvre solitaire qui travaille dans un bureau épouvantable. Pour le reste, je suis heureux. Et aujourd’hui – plus que jamais, alors que je débute [...] ce journal qui sera en même temps un carnet de notes en bas de page "

ah ah !

Peut-on rire de tout?


Peut-on rire de tout?

"S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu'elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu'elle ne pratique pas l'humour noir, elle, la mort ? Regardons s'agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l'heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d'un coup, ça s'arrête, sans plus de raison que ça n'avait commencé et, le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d'opérette, l'enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu'au bout de ton cancer, tous, nous sommes fauchés, un jour, par le croche-pied de la mort imbécile et les droits de l'homme s'effacent devant les droits de l'asticot. Alors, qu'elle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide ? Poil aux rides ?

Donc, on peut rire de tout, y compris de valeurs sacrées, comme par exemple, le grand amour que vit actuellement le petit roi inamovible de la défense passive, ici présent. Elle s'appelle Marika, c'est la seule aryenne du monde qui peut le supporter, ce qu'on comprendra aisément quand on saura qu'il s'agit de la poupée gonflable et peau de morue suédoise que sa tata Rodriguez lui a envoyé de Lisbonne en paquet fado.

Deuxième question : peut-on rire avec tout le monde ?

C'est dur… Personnellement, il m'arrive de renâcler à l'idée d'inciter mes zygomatiques à la tétanisation crispée. C'est quelquefois au-dessus de mes forces, dans certains environnements humains : la compagnie d'un stalinien pratiquant me met rarement en joie. Près d'un terroriste hystérique, je pouffe à peine et, la présence, à mes côtés, d'un militant d'extrême droite assombrit couramment la jovialité monacale de cette mine réjouie dont je déplore en passant, mesdames et messieurs les jurés, de vous imposer quotidiennement la présence inopportune au-dessus de la robe austère de la justice sous laquelle je ne vous raconte pas. Attention, ne vous méprenez pas sur mes propos, mesdames et messieurs les jurés : je n'ai rien contre les racistes, c'est le contraire, comme dirait mon ami le brigadier Georges Rabol qui, je le précise à l'intention des auditeurs qui n'auraient pas la chance d'avoir la couleur, est presque aussi nègre que pianiste. Dans Une journée particulière, le film d'Ettore Scola, Mastroianni, poursuivi jusque dans son sixième par les gros bras mussoliniens, s'écrie judicieusement à l'adresse du spadassin qui l'accuse d'anti-fascisme : "Vous vous méprenez, monsieur : ce n'est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c'est le fascisme qui est anti-locataire du sixième."

5.11.2008

Un monde selon monsanto

(Une enquête de Marie-Monique Robin)


Chose amusante, je suis très mauvais publique pour ce qui est des livres ou les films d'horreurs. Ce qui ne veut pas dire que je n'aime pas ça, au contraire : regarder un film d'horreur avec ma meilleur amie (elle étant TRÈS bon publique pour ce genre de film), c'est une sacrée partie de rigolade. Mais quand je lis un livre comme Un monde selon Monsanto, là j’en fais des cauchemars! (Véridique).

Ok, c'est peut-être pas le meilleur argument de vente qu'on puisse trouver, mais ce genre de chose, il ne suffit pas de s'en douter : le problème nous touche de plein fouet - on trouve du Roundup dans au supermarché du coin bon sang ! Je n'ai pas de critique a faire à propos de ce livre, il n'est pas "bon" ou "mauvais" au sens où une œuvre littéraire sait l'être, les fait déterrés par cette enquête parlent d'eux même... Et ça n'est pas un cadavre dans le placard de quelque bureau de Monsanto, mais plutôt un charnier, avec encore assez de place pour nous. A LIRE ABSOUMENT (ou à voir - il y a une version documentaire filmée pour Arte Production)

J’ajouterais à ça un autre documentaire important (d'ailleurs, on y entend aussi parler de Monsanto) : The Corporation – visible sur Youtube, je vous laisse les liens (normalement classés dans l’ordre) :

Pour les fénéants ( *u* ), un extrait/résumé : ici

Part 1 Part 2 Part 3 Part 4 Part 5 Part 6 Part 7 Part 8 Part 9

Part 10 Part 11 Part 12 Part 13 Part 14 Part 15 Part 16

Part 17 Part 18 Part 19 Part 20 Part 21 Part 22 Part 23


Monument de l'Humour Noir.

Il nous a appris le savoir vivre qu'il ne su garder, rendons hommage au monument de l'humour noir :

Etonnant non?

- T'est occupé là?
- Ouais, autant qu'un pickpocket dans un camp de nudistes.

Polar de la semaine : Cul-de-sac

Douglas Kennedy
Roman noir (et drôle) - Tout publique


La responsable des polar de ma librairie est enceinte. Ce qui veut dire qu'elle va partir en congé maternité. Et donc qu'il va falloir quelqu'un pour s'occuper du rayon polar. Suivez mon regard... Et oui, c'est moi ! Pou ce faire, moi qui lis un polar par moi au maximum de ma forme je me suis imposé un régime de compétition : un polar par semaine.
Et dans la catégorie Roman noir, le nominé de cette semaine est Cul-de-sac de Douglas Kennedy. Quoi?! DOUGLAS KENNEDY?! me direz-vous. Moi aussi j'étais quelque peu...perplexe disons, lorsque ma collègue des polar me l'a conseillé! Et bien c'est g-e-n-i-a-l! C'est genre bouche-en-O et yeux-écarquillés comme devant un épisode de lost, l'humour en plus. Et noir l'humour - juste ce qu'il faut. L'histoire, ahurissante, est peuplée de personnages incroyables : mais d'où est-ce qu'il sortent?! Exactement ce que va se demander Nicks, paumé au milieu du bush australien.
En ma qualité d'expert en matière de conseils littéraires ( "mais je ne fait que mon travail madame ! ahah) je dirais : à mettre dans toute les main, détente assuré !

5.10.2008

Ardcore

(Avec bande son)



Ca doit faire 5 heures que je suis sur mon ordinateur. Tout est flou, ou presque. Dehors la lumière à quelque chose de surnaturel, d’étrangement calme, bien loin du scintillement épileptique de mon écran. Qu’est-ce que je fais ? Avec la fatigue tout parait insensé et délavé : « La copie d’une copie d’une copie… ». Qui me dis que ce que je ressens est bien à moi ? Le démon cartésien se cache peut-être dans les câbles qui me relient au Grand Réseau pour modeler ma pensée et mes affects?! Comme des milliers d’individus abrutis devant leurs écrans à s’observer d’un blog à l’autre : Il me lisent pendant que je regarde leur photos de vacances et c’est comme si on se regardait le fond du crâne, sans le savoir, mais les crânes sont vides ! Et le monstre qui continue son affaire….

Je me réveille, la gueule enfarinée lourdement posée sur le clavier. Une tronche d’azerty. Putains de rêves. Je me passe une main sur le visage en appuyant bien fort pour débrouiller le sommeil qui me colle aux yeux comme de l’huile. Et puis je vais me chercher une bière. Toute l’aprèm’ devant mon pc à jouer. J’ai l’impression d’entendre encore les coups de feux, le vrombissement des champs de bataille… vautré dans mon canapé, je me demande si c’est bien utile tout ça. On passe sa journée de boulot à attendre le soir, sa semaine à attendre le week-end, enfin sa vie à attendre la retraite et la mort. Et entre les deux, chacun son truc pour pas y penser : y’en a qu’on la télé, d’autres qui vont se saouler dans les bars. Je ne dis pas que je fais mieux. Pas pire en tout cas. Mais quand même, tout ce temps devant l’écran à shooter d’autres joueurs dans un bain de sang, courir après des chars un uzi à la main sur fond de techno ardcore… C’est pas forcément bon, même quand je joue plus j’y pense. J’entends presque le jeu, la bataille. Comme le bruit d’un char, et les fenêtres qui vibrent, et les objets : merde on dirait un tremblement de terre ! J’ai le dos en sueur en en une seconde à peine. Et les vitres qui vibrent toujours plus. Un bruit, assourdissant. Une explosion. J’ai à peine le temps de sentir des éclats de verre me griffer le visage : blackout.

J’ouvre difficilement les yeux, tout le corps engourdis, et une sensation qui se réveille : la douleur. Elle monte trop vite, trop forte, et je tourne de l’oeil.

J’respire. Au moins je suis vivant ? Je reste une seconde à sentir mes poumons, mes orteils, mes muscles, ceux que je peu bouger. J’essaye de me relever, c’est plus facile que prévu, trop rapide aussi, je manque de tomber à la renverse et une chaise valdingue derrière moi, s’en va se vautrer contre le mur. La douleur est partie, l’écran noir de mon ordinateur me renvois le reflet de mon visage quadrillé : la trace du clavier. La sueur dégouline abondamment le long de ma colonne vertébrale, et j’ai les mains qui tremblent, mais tout à l’air ok. Je fait quand même quelques pas vers la fenêtre, juste pour voir, poser la main, savoir si ça vibre.

Au sujet d'Amazone...

Amazone à perdu il y à quelque mois un procès qui l’opposait au SLF le condamnant à 100 000 euros de dommages et intérêts, et à cesser les frais de port gratuits et la pratique de chèques cadeaux à peine d'astreinte de 1 000 euros par jour de retard. En effet en vendant moins chez, Amazone va à l’encontre de la oi lang sur le prix unique du livre. Pourquoi une telle loi ? Parceque "Pour le ministère de la Culture, la librairie traditionnelle est un commerce de proximité, mais aussi un acteur culturel local. C'est dans cet esprit qu'a été rédigée la Loi Lang en 1981 pour protéger le produit culturel qu'est le livre mais aussi sa commercialisation. Cette législation est parfois présentée comme la première loi de développement durable, car en près de 25 ans elle a contribué au maintien en France d'un tissu de librairies indépendantes, une grande production éditoriale (52.231 nouveautés et nouvelles éditions en 2003). "*

Le problème est complexe : en offrant les frais de port sur les livres en plus de la remise maximale autorisée de 5% (et vous remarquerez qu'ils ne le font que pour les livres et uniquement en France), Amazone pers de l'argent, et 20 millions d'euros ont dus être réinjecté dans leurs comptes en 2006. Une grosse somme, à coté de laquelle les 1000 euros par jours de leur condamnation fait doucement rigoler. Et, croyez le ou non, le but de la manœuvre n'est pas altruiste... Amazone cessera de toute façon d'offrir les frais de port, et pas a cause du SLF, simplement parce que le but reste la rentabilité. Offrir les frais de port n’est pas dans les moyens de tout le monde, encore moins ceux des libraires qui enregistrent une moyenne de 2 à 3% de bénéfice… Ainsi toute concurrence est étouffée dans l’œuf ! Et une fois les part de marché gagnées, il y à peu de chances pour qu’Amazone continue à perdre de l’argent de cette manière.

Bon, la pluralité de l’offre, ou le soutiens de la petite édition, ça n’est pas nécessairement le problème du pékin moyen, mais il faut aussi savoir que lorsque vous leur achetez un livre peu connu, épuisé, ou d’un petit éditeur – ces livres que la rentabilité pousse à exclure des stocks - il y à des chances que vous l’achetiez sans le savoir à une petite librairie indépendante qui, elle, l’aura gardé en stock ! Parce que c’est aussi ça le métier de libraire : user des bénéfices pour garder des livres qui se vendent moins mais qui méritent qu’on les défendent ! Il faut ajouter à cela que ce sont les petits éditeurs qui sont les premier à pâtir de la situation : ça n’est pas sur Gallimard ou sur Albin Michel qu’Amazone fait pression pour baisser ses coûts – il faut bien compenser les pertes d’une telle politique commerciale - mais sur des éditeurs moins importants, ceux dont ils peuvent se passer : « Tu veut pas me faire une meilleure remise ? Alors mois je vends pas tes livres ! ». Bien sûr, ça ne posera pas de problème à qui ne lis que Marc Lévi ou Guillaume Musso… Question : Quel est le dernier auteur « découvert » par Amazone ?...tic…tac…tic…tac…Trop tard, le temps est écoulé ! La réponse était :… hey ! Mais ils n’ont jamais fait découvrir d’auteur ! A coté de cela, les deux meilleures ventes de l’année dernières en littérature sont : Chagrin d’école de Pennac – un auteur découvert par les libraires – et L’élégance des hérissons de Murielle Barbery – découvert par…. Allez, celui-là je vous laisse deviner ! J

Ironie de la situation, Amazone se sert des procès engagés par le SLF pour redorer son blason auprès des consommateurs, ce qui n’est pas sans rappeler le cynisme d’un certain monsieur Leclerc qui sait faire baisser les prix, "pour le bien du consommateur", en sous-payant ses employés et ses fournisseurs (qui à leur tour ne pourront que sous payer leurs employés). Quoi qu’il me faille reconnaître qu’ils ne font pas que sous-payer leurs employés. Il y à aussi les contrat précaires pour baisser les coûts…

Mais c’est un autre débat. Revenons en à Amazone. Bien, je crois que le communiqué de presse du SLF faisant suite à la condamnation d’Amazone est suffisamment clair :

"Il faut bien prendre conscience de l’importance du réseau de libraires « physiques », de leur rôle de soutien à la diversité par la mise en scène sur leur table des richesses éditoriales cachées par l’écran des « meilleurs ventes ».

Le SLF rappelle que la vente à perte est assumée par ces opérateurs dans l’objectif de capter des parts de marché ce qui déstabilise un marché déjà fragile. C’est une attitude prédatrice qui se révèle dangereuse et totalement contradictoire avec l’esprit de la loi sur le prix unique du livre qui vise à maintenir la diversité et la création culturelles. Le livre n’est plus qu’un instrument pour une domination commerciale dans une jungle ou les acteurs indépendants librairies comme éditeurs sont broyés.

Ces actions, au-delà de l’aspect purement juridique, posent des questions plus fines sur le mode de consommation des produits culturels, sur la notion de gratuité, sur le rôle des différents acteurs dans l’intérêt de la diversité culturelle. Le récent rapport Olivennes concernant les œuvres musicales rappelle les mêmes problématiques quant à une gratuité qui n’est qu’une arme au service de la domination de nouveaux groupes industriels basés sur Internet.

Le SLF se voit conforté par les instances judiciaires et par les nombreux clients des libraires qui bénéficient chaque jour du réseau des libraires indépendants. Il va sans dire que ce débat doit avoir une large audience afin que les citoyens comprennent les enjeux autour de la loi du 10 août 1981, première loi de développement durable fragilisée par des appétits financiers incompatibles avec une culture ouverte à tous. "


Voir aussi cette très pertinante réponse d'un internaute : ici


* extrait de l’article de wikipédia sur la loi Lang


La jeune fille brune

Alexandre Tisma

Devant l'impossibilité de trouver sur internet une critique de ce merveilleux livre, me voilà obligé d'en fournir une moi-même ! Ça vas pas être de la tarte... Commençons par préciser que je n'ai nullement l'intention d'être objectif : pas le bon jour pour ça. Maintenant vous êtes prévenu. Bon.

Ce livre m'est tombé dans les mains par le plus grand hasard, et comme je n'avais rien d'autre à lire (Ou que je n'avais pas le courage d'entamer ma PAL (Pile de livres A Lire)... Et là, Ô joie ! Un délice. Tendre et délicat, le livre se construit autour d'un amour à peine frôle, raté comme on rate son train d'une minute, comme on rate le seul train qu'on ai jamais attendu. Pourtant : nul débordement, pas de dégoulinement pathologique et gluant (ça me va bien de dire ça tiens), mais une écriture riche et légère, qui porte l'histoire au bord des lèvres, en tire un peu les commissures dans un sourire rêveur. En plus il y a du sexe (Avec un argument pareil, si j'en ai pas vendu 10 là...) - enfin un peu.
Je ne vais pas vous mentir : ce livre, s'il n'est pas d'un optimisme béat, n'en est pas pour autant un livre noir ou désespéré. Alors que fait-il sur mon blog me direz vous? Et merde, ça fait du bien aussi de temps en temps!

Qu'est ce qui est pire qu'un bébé dans une poubelle?

(pour ceux qui ne la connaitrait pas déjà...)

- Alors? Qu'est ce qui est pire qu'un bébé dans une poubelle?

J'attend.

Non? Vous donnez votre langue au chat? Ok :

Un bébé dans Deux poubelles.

Un livre Blanc

Philippe Vasset, Fayard, 2007

Ce qui frappe d’emblée dans Un Livre Blanc, c’est l’incongruité du projet : visiter des friches, à peine des terrains vagues, oubliés par les cartographes, comme si, même sur une carte elles n’avaient pas lieux d’être. Mais si les yeux du promeneur ne s’y arrêtent pas, l’imagination de Philipe Vasset sait y trouver son compte. L’auteur va ainsi visiter une cinquantaine de zones blanches figurant sur la carte n° 2314 de l’Institut géographique national couvrant Paris et sa banlieue, entreprise qui lui prendra près d’un an. Le témoignage qu’il en livre n’est pas un simple essai, plutôt une sorte de fiction documentaire, profondément littéraire, portée par une écriture riche qui en fait, malgré sa relative minceur, une oeuvre vibrante. L’idéalisme de cet auteur qui espérait, comme les héros de ses livres d’enfant, mettre au jour, le double fond qui manquait au monde, se heurte pourtant à plusieurs reprises à la violence et la misère qui hante les lieux. Il hésite, pense même à jeter le merveilleux aux ordures pour dénoncer cet à peine croyable, mais se ravise : les arguments ne s’agencent pas, les notes qu’ils prends sur son carnets ne restent qu’un amas d’informations disparates. Et puis il y a la force de son imagination, les scènes qu’il ne cesse de se créer où la sonorité particulière d’un bâtiment souterrain évoque la nef d’une cathédrale enfouie après un glissement de terrain, où les plates-formes d’essais militaires deviennent les vestiges d’un gigantesque port asséché, autant de lieux dont les cartes ne savent dévoiler la nature profondément poétique. L’écriture née des notes désordonnées et contradictoires qu’il a prise au cours de cette aventure amorce alors un étonnant échange avec le réel, faisant coexister en un même lieu réalité brute et imaginaire. Mais au jour où des artistes réutilisent les murs de la ville et détournent le sens utilitariste qui prévaut à leur construction, Un Livre Blanc résonne aussi comme un appel aux fondements de l’imaginaire urbain et de son écriture.

E-xtrait


"Ecrire pour se suicider collectivement en rêvant du prince charmant. Ecrire pour mettre ses mains contre ses oreilles et ne pas entendre le chant des oiseaux. Ecrire pour trouver une raison valable de s’enfermer dix heures de suite dans une pièce puante les volets fermés pendant qu’un temps magnifique occupe la plupart des citadins. Ecrire pour ne plus manger des bouts de viande impropres à la consommation. Ecrire pour utiliser moins de produit quand il s’agit de laver les chargeurs de révolvers. Ecrire pour augmenter le quotient intellectuel des concepteurs de mine anti-personnel."

Gaotian sur E-critures

Archives

(Déménagement d'un ancien texte)

PinUpsOnTheBeatch


Ce serait un jour de coucher de soleil en Technicolor avec le bourdonnement d'un téléviseur en background. Tu porterais une courte robe verte et moi un jogging. On aurais fait les courses à Leclerc, acheté de la viande des chips et du coca, de la crème solaire et des nattes pour s'allonger sur le sable brûlant d'une plage surpeuplée. Tu aurais chaud, ton décolleté luisant de sueur, et moi, j'ai la nausée.

*****

C'est un jour de migraine, mais doux comme au début de l'été, le soleil en soucoupe brouillée par les nuages, dont la lumière coule comme un huile brûlante, laissant derrière elle un monde de couleurs délavées, de peintures usée à l'eau de mer. Tout y est lisse et doux, surfaces de bois flotté et odeurs de peau après le soleil

Je me rappelle des vacances d'été passées à Jullouville, lorsque j'étais enfant. Nos voisins avaient une fille d'un an plus jeune que moi et, un matin de marché je lui achetais une grosse bague en toc rouge et brillante. N'osant pas lui offrir je l'avais enterrée dans notre jardin pour faire mine de la trouver par hasard lorsque nous jouerions ensemble. Garde là, c'est toi qui l'a trouvé m'a-t-elle dis, aussi l'ai-je fourrée dans ma poche sans rien dire. Les vacances passèrent, puis il fallu retourner à Paris et, sur le départ, je lui fit au revoir par la fenêtre de la voiture. Elle pleurait.


Ah!

A voir...



Ce désopilant court métrage est l'œuvre de Audrey Najar et Frédérique Perot, voir leur site ici