11.15.2008

Fiction, fiction...


"Dans mille langues différentes, dans des conditions de vie diverses, de siècles en siècles, depuis les contes que narraient les patriarches des temps anciens dans les huttes, autour du feu, jusqu’aux œuvres des conteurs modernes (…), se trame l’histoire du destin de l’homme qu’à l’infini et sans cesse les hommes se racontent entre eux. La manière et la forme que revêt la narration se modifient avec le temps et selon le contexte, mais la soif de contes, le besoin de raconter des histoires, perdurent, et le conte se poursuit, et la narration est sans fin. D’où l’impression parfois que l’humanité, depuis son premier éclat de conscience, puis au fil des siècles, se narre à elle-même en permanence dans un million de variantes selon le souffle de ses poumons et au rythme des battements de son cœur, la même histoire. Une histoire qui, à l’instar des contes de la légendaire Shéhérazade, parait chercher à leurrer le bourreau, à retarder le sort inéluctable qui nous menace, à prolonger l’illusion de la vie et de la durée. "

Du conte et de l’art de conter
(Discourt d’Ivo Andric lors de la réception du Prix Nobel)


"Traversant les continents au téléphone, ils vendent des produits et calment les nerfs des consommateurs (…). Chaque fois qu’ils interviennent, ils rêvent d’Amérique. Et, pendant qu’ils rêvent, ils changent. A quoi cela ressemble-t-il de vous transporter dans un pays lointain que vous n’avez jamais vu ? Qu’est-ce que cela fait de vivre loin de son propre corps ? "

Ashim Ahluwalia (réalisateur)



"
Le mythe ne saurait être un objet, un concept, ou une idée ; c’est un mode de signification, c’est une forme. (…) Le mythe ne se défini pas par l’objet de son message, mais par la façon dont il le profère : il y a des limites formelles au mythe. Tout peut donc être mythe ? Oui, je le crois, car l’univers est infiniment suggestif. "

Roland Barthes, Le mythe aujourd’hui in Mythologies


"Partir ! Partir ! Car je veux m’envoler vers toi,
Non dans le char de Bacchus et ses léopards,
Mais sur l’aile invisible de la poésie,
Malgré le cerveau lourd qui hésite et retarde.
Déjà ma voici avec toi ! Tendre est la nuit,
Et peut-être la lune y trône en majesté"

John Keats, Ode à un rossignol
( in Sur l’aile du phœnix, trad. C.Dandréa, ed Corti)


"Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter. "

Cioran, Syllogismes de l’amertume

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