Amazone à perdu il y à quelque mois un procès qui l’opposait au SLF le condamnant à 100 000 euros de dommages et intérêts, et à cesser les frais de port gratuits et la pratique de chèques cadeaux à peine d'astreinte de 1 000 euros par jour de retard. En effet en vendant moins chez, Amazone va à l’encontre de la oi lang sur le prix unique du livre. Pourquoi une telle loi ? Parceque "Pour le ministère de la Culture, la librairie traditionnelle est un commerce de proximité, mais aussi un acteur culturel local. C'est dans cet esprit qu'a été rédigée la Loi Lang en 1981 pour protéger le produit culturel qu'est le livre mais aussi sa commercialisation. Cette législation est parfois présentée comme la première loi de développement durable, car en près de 25 ans elle a contribué au maintien en France d'un tissu de librairies indépendantes, une grande production éditoriale (52.231 nouveautés et nouvelles éditions en 2003). "*
Le problème est complexe : en offrant les frais de port sur les livres en plus de la remise maximale autorisée de 5% (et vous remarquerez qu'ils ne le font que pour les livres et uniquement en France), Amazone pers de l'argent, et 20 millions d'euros ont dus être réinjecté dans leurs comptes en 2006. Une grosse somme, à coté de laquelle les 1000 euros par jours de leur condamnation fait doucement rigoler. Et, croyez le ou non, le but de la manœuvre n'est pas altruiste... Amazone cessera de toute façon d'offrir les frais de port, et pas a cause du SLF, simplement parce que le but reste la rentabilité. Offrir les frais de port n’est pas dans les moyens de tout le monde, encore moins ceux des libraires qui enregistrent une moyenne de 2 à 3% de bénéfice… Ainsi toute concurrence est étouffée dans l’œuf ! Et une fois les part de marché gagnées, il y à peu de chances pour qu’Amazone continue à perdre de l’argent de cette manière.
Bon, la pluralité de l’offre, ou le soutiens de la petite édition, ça n’est pas nécessairement le problème du pékin moyen, mais il faut aussi savoir que lorsque vous leur achetez un livre peu connu, épuisé, ou d’un petit éditeur – ces livres que la rentabilité pousse à exclure des stocks - il y à des chances que vous l’achetiez sans le savoir à une petite librairie indépendante qui, elle, l’aura gardé en stock ! Parce que c’est aussi ça le métier de libraire : user des bénéfices pour garder des livres qui se vendent moins mais qui méritent qu’on les défendent ! Il faut ajouter à cela que ce sont les petits éditeurs qui sont les premier à pâtir de la situation : ça n’est pas sur Gallimard ou sur Albin Michel qu’Amazone fait pression pour baisser ses coûts – il faut bien compenser les pertes d’une telle politique commerciale - mais sur des éditeurs moins importants, ceux dont ils peuvent se passer : « Tu veut pas me faire une meilleure remise ? Alors mois je vends pas tes livres ! ». Bien sûr, ça ne posera pas de problème à qui ne lis que Marc Lévi ou Guillaume Musso… Question : Quel est le dernier auteur « découvert » par Amazone ?...tic…tac…tic…tac…Trop tard, le temps est écoulé ! La réponse était :… hey ! Mais ils n’ont jamais fait découvrir d’auteur ! A coté de cela, les deux meilleures ventes de l’année dernières en littérature sont : Chagrin d’école de Pennac – un auteur découvert par les libraires – et L’élégance des hérissons de Murielle Barbery – découvert par…. Allez, celui-là je vous laisse deviner ! J
Ironie de la situation, Amazone se sert des procès engagés par le SLF pour redorer son blason auprès des consommateurs, ce qui n’est pas sans rappeler le cynisme d’un certain monsieur Leclerc qui sait faire baisser les prix, "pour le bien du consommateur", en sous-payant ses employés et ses fournisseurs (qui à leur tour ne pourront que sous payer leurs employés). Quoi qu’il me faille reconnaître qu’ils ne font pas que sous-payer leurs employés. Il y à aussi les contrat précaires pour baisser les coûts…
Mais c’est un autre débat. Revenons en à Amazone. Bien, je crois que le communiqué de presse du SLF faisant suite à la condamnation d’Amazone est suffisamment clair :
"Il faut bien prendre conscience de l’importance du réseau de libraires « physiques », de leur rôle de soutien à la diversité par la mise en scène sur leur table des richesses éditoriales cachées par l’écran des « meilleurs ventes ».
Le SLF rappelle que la vente à perte est assumée par ces opérateurs dans l’objectif de capter des parts de marché ce qui déstabilise un marché déjà fragile. C’est une attitude prédatrice qui se révèle dangereuse et totalement contradictoire avec l’esprit de la loi sur le prix unique du livre qui vise à maintenir la diversité et la création culturelles. Le livre n’est plus qu’un instrument pour une domination commerciale dans une jungle ou les acteurs indépendants librairies comme éditeurs sont broyés.
Ces actions, au-delà de l’aspect purement juridique, posent des questions plus fines sur le mode de consommation des produits culturels, sur la notion de gratuité, sur le rôle des différents acteurs dans l’intérêt de la diversité culturelle. Le récent rapport Olivennes concernant les œuvres musicales rappelle les mêmes problématiques quant à une gratuité qui n’est qu’une arme au service de la domination de nouveaux groupes industriels basés sur Internet.
Le SLF se voit conforté par les instances judiciaires et par les nombreux clients des libraires qui bénéficient chaque jour du réseau des libraires indépendants. Il va sans dire que ce débat doit avoir une large audience afin que les citoyens comprennent les enjeux autour de la loi du 10 août 1981, première loi de développement durable fragilisée par des appétits financiers incompatibles avec une culture ouverte à tous. "
Voir aussi cette très pertinante réponse d'un internaute : ici
* extrait de l’article de wikipédia sur la loi Lang
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